Publié par : Papy40 | 24/11/2010

France : TV connectées

TV connectées : les chaînes de TV signent une charte pour garder le contrôle

par Olivier Chicheportiche, ZDNet France. Publié le 23 novembre 2010

 Source: zdnet

Stratégie – La plupart des grandes chaînes du PAF ont signé une charte visant à encadrer sévèrement les   ambitions des géants du Web en matière de TV connectée.

 

Ces dernières semaines, les grandes chaînes de télévision française se sont inquiétées de l’arrivée des TV connectées qui permettent (grâce à une connexion Internet ou un boîtier spécifique comme celui de Google) d’associer des contenus interactifs, des widgets aux programmes diffusés.

Car cet ‘entrisme’ inquiète. Aux Etats-Unis déjà, les grands networks – ABC, CBS, NBC – bloquent la diffusion de leurs contenus sur Google TV. En France, les acteurs du secteur ont décidé de s’organiser pour éviter tout débordement.

TF1, France Télévisions, Arte, Canal+, le groupe M6, Direct 8, TMC, NT1, LCP, BFM, iTélé, Gulli et DirectStar ont donc signé une charte sur "les modalités d’affichage des contenus et services en ligne sur les téléviseurs et autres matériels vidéo connectés".

"Respect de l’intégrité des chaînes"

Objectif : freiner l’influence de Google et consorts et surtout interdire que des services en ligne soient associés au programme sans leur consentement.

Les signataires demandent "le respect de l’intégrité du signal de chacune des chaînes signataires afin que les éditeurs puissent continuer à exercer un contrôle total et exclusif sur les contenus et services affichés en surimpression ou autour de leurs programmes" et s’opposent à "toute démarche visant tirer profit de leurs programmes ou de leur audience (et notamment des données d’usage) en redirigeant les téléspectateurs vers d’autres contenus et services sans accord préalable de la chaîne concernée".

Concrètement, "lors de l’affichage du programme en plein écran ou en écran partiel (« redimensionnement d’image »), les surimpressions, incrustations ou apparitions de services, contenus éditoriaux, publicitaires, raccourcis, sollicitations publicitaires ou d’achats ne peuvent être maitrisés et contrôlés que par le seul éditeur de la chaîne concernée. Ni un choix proposé par un tiers, opérateur, industriel ou fournisseur de service, ni un choix paramétré par le téléspectateur lui-même ne sont
acceptés, y compris si ce choix provient d’un autre matériel connecté au téléviseur".

Les marges de manœuvre seront donc très réduites.

En contrepartie, les diffuseurs s’engagent à se mettre d’accord sur des "principes de navigation communs à tous les téléviseurs et autres matériels vidéo" et à "favoriser une solution technologique commune permettant d’associer l’utilisation de données diffusées dans le signal et de services en ligne".

La signature de cette charte illustre les tensions naissantes mais croissantes entre chaînes et éditeurs de contenus en ligne. Lors du dernier DigiWorld Summit de l’Idate, Laurent Souloumiac de France Télévisions Interactive tapait du poing sur la table.

"Nous voulons maîtriser les contenus qui s’afficheront en surimpression autour de nos chaînes. Il s’agit de développer des services adaptés qui respectent nos contenus".

Une vision qui agace Carlo d’Asaro Biondo, vice-président EMEA de Google. "Nous ne savons pas encore ce que nous allons faire en Europe. Mais ce que nous savons c’est que la télévision n’est pas la propriété des opérateurs ou des diffuseurs, elle est la propriété du consommateur. A lui de décider".

"Nous avons une approche collaborative afin de savoir quels services ou contenus seront associés aux programmes, il s’agit tout simplement de valoriser les contenus plutôt que de bloquer ou freiner comme certains le disent… Après, si on se préfère se taper dessus, on en paiera tous les conséquences", souligne le responsable.

Bref, le consensus n’est pas pour demain.

Selon une étude de GroupeM (WPP), 7,6 millions de foyers français pourraient être équipés de téléviseurs connectables à Internet en 2012 et 42,2% des téléviseurs seront connectés dans le monde d’ici 2014.

En termes de services proposés, 51,8% des personnes interrogées souhaiterait accéder à la fiche technique d’un film via leur télécommande, 47,1% souhaiterait pouvoir l’utiliser pour afficher des informations complémentaires sur un reportage, 44,2% afin de participer aux sondages des journaux télé, 27,4% pour voter pour les candidats des émissions de télé réalité et 22,5% pour afficher les statistiques pendant un match de foot.

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