Publié par : Papy40 | 13/01/2011

FAI : Petite histoire du déploiement de l’ADSL

10 ans du haut débit
Petite histoire du déploiement de l’ADSL
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Photos – Wanadoo, LibertySurf, Net-Up… les acteurs ne sont plus les mêmes, le débit 128 kbit paraît aujourd’hui bien lent, le dégroupage ne s’est pas fait sans heurt…1999 – 2009 : retour sur les étapes, parfois mouvementées, du développement de l’ADSL en France.

1999 – Première offre haut débit ADSL en France

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Alors que le bas débit, qui permet de surfer à 56 kb/s, règne en maître, Wanadoo (la filiale Internet de France Télécom) lance Netissimo à Paris.

C’est  la première offre exploitant la technologie ADSL (Asymmetrical Digital Subscriber Line) qui  permet d’atteindre un débit théorique de 512 Kb/s. Une vitesse jamais vue qui permet enfin d’afficher confortablement les pages Web.

Mais cette vitesse a un prix : 265 francs par mois (soit près de 40 euros), plus 45 francs pour la location du modem, sans compter l’abonnement au FAI. Pour les entreprises, l’offre dédiée est facturée 844 francs par mois, soit 129 euros. Autant dire que les clients ne se battent pas…

1999 – Naissance de Free

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Dans un marché qui regorge de plusieurs « petits FAI », Free, lancé par Xavier Niel, se distingue en proposant un accès à Internet bas débit sans abonnement avec une minute au prix d’une communication locale.

Free lance également l’ADSL à 29,99 euros par mois sans passer par Netissimo de France Télécom.

Dans le même temps, LibertySurf, est le premier FAI à proposer des accès illimités alors que la plupart de ses concurrents facturent Internet au temps ou aux données échangées. Le succès est au rendez-vous et le FAI devient le numéro 3 du marché !

2000-2001 – Le haut débit monte en puissance

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Net-Up, OneTelNet, Oreka … les FAI haut débit se multiplient. Oreka crée la sensation en proposant le premier forfait 100% gratuit : 18 heures par mois en échange de l’affichage de bannières de publicité.

En 2000 NC Numéricâble lance les premiers abonnements haut débit par le câble. En 2001 le câblo-opérateur propose un forfait de 199 francs comprenant la location du modem câble, l’abonnement à un forfait de 50 heures avec un volume d’échanges de données de 1,5 Go, ainsi qu’un forfait à 299 francs avec les chaînes TV en plus.

2002 – Le dégroupage prend son essor

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Début de la phase commerciale du dégroupage (partiel et total) destinée aux opérateurs alternatifs à France Télécom. 128 salles de cohabitation sont construites, à Paris, Lyon et Marseille mais aussi dans plusieurs autres villes de plus de 100.000 habitants.

A l’automne 2002, un peu plus de mille lignes sont dégroupées ; pour la quasi-totalité d’entre elles, il s’agit d’accès totalement dégroupés pour une clientèle d’entreprise.

Cette période voit aussi le lancement d’offres internet haut débit fondées sur le dégroupage en accès partagé. Ce qui permet une baisse du prix des abonnements : environ 45 euros par mois pour un accès dégroupé à 512 kb/s.

Les principaux opérateurs alternatifs, comme LDCOM, Cegetel-TD et Free contribuent à dynamiser ce marché.

2002 – Premier million d’abonnés haut débit en France

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Au deuxième semestre, la France atteint le premier million d’abonnés ADSL. Sur un an, la croissance est de 300%. L’intensification de la concurrence ainsi que la baisse des prix de gros (estimée à 30%) expliquent en partie ce phénomène.

France Télécom vendait, au dernier trimestre 2002, 35 000 accès ADSL par semaine, soit quatre fois plus que six mois auparavant. A la fin de l’année 2002, le taux de couverture de l’ADSL est estimé à 75% de la population française, soit 21 millions de lignes téléphoniques, les zones non urbaines constituant la majeure partie des zones blanches ou grises.

Les abonnés ADSL sont alors principalement des hommes, CSP+  (76% des internautes).

2002 – La révolution triple play

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Free lance la première box « Triple Play » permettant l’accès à 3 services – internet, téléphone et TV -  pour 29,99 euros par mois. Le FAI  prend en charge les 13 euros par mois de l’abonnement France Télécom et propose une facturation unique de toutes les prestations télécoms.

Cette offre constitue une rupture sur le secteur. Le terme "box" va être repris par tous les FAI, avec plus ou moins de réussite, et le tarif devient la valeur de référence pour les abonnements.

Au 1er octobre 2004, le million de lignes dégroupées est atteint. Plus précisément, on compte à cette date 997.873 lignes en dégroupage partiel et 51.421 lignes en dégroupage total.

2004 – L’ADSL 2+ pousse les limites

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512 Kb/s c’est bien, 10 Mb/s c’est mieux ! En 2004, l’ADSL 2 est lancé, il permet d’augmenter les débits de 25% par rapport à la technologie utilisée jusqu’alors. L’ADSL 2 utilise une plage de fréquence supérieure et fait passer le débit maximal théorique en réception à 16 Mbit /s.

De cette nouvelle norme, sont nées deux autres normes : l’ADSL 2+ et le ReADSL. Free devient le premier FAI en Europe à proposer une offre ADSL2+ pour son offre Triple Play, rapidement rejoint par Wanadoo.

2004 – Wanadoo lance la Live box

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Face au succès de Free, France Télécom devait réagir. À l’origine, la Live box 1.0 est compatible avec les technologies sans fil Wi-Fi (norme 802.11g) et Bluetooth. Elle offre bien évidemment un accès à une offre triple-play.

2005 – Amende record pour France Télécom

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Opérateur historique rime-t-il avec abus de position dominante ? Le Conseil de la concurrence inflige en 2005 une amende record de 80 millions d’euros à France Télécom pour avoir fermé à ses concurrents l’accès au marché de gros de l’internet à haut débit par ADSL jusqu’en octobre 2005.

L’autorité de la concurrence avait déjà condamné l’opérateur français à 20 millions d’euros d’amende en mai 2004 pour non-respect d’une injonction de baisser ses tarifs de gros rendue en février 2000, une peine portée à 40 millions par la cour d’appel de Paris en janvier 2005. C’est donc au total 120 millions d’euros que France Télécom doit verser.

L’affaire avait été portée à la connaissance du Conseil par la société Neuf Telecom en 1999. Cette année-là, la technologie ADSL était lancée en France, ouvrant deux marchés: celui de la fourniture de ce service à l’abonné (marché de détail) et celui du marché de gros à destination des fournisseurs d’accès internet (FAI).

France Télécom, qui en tant qu’opérateur historique détenait le quasi-monopole du réseau, rechignait à l’ouvrir aux opérateurs concurrents comme Neuf Telecom pour leur permettre de faire des offres de gros et contraignait par ailleurs les FAI à utiliser ses prestations de bout en bout. Ce qui lui permettait à la fois de dominer le marché de détail via sa filiale Wanadoo, et le marché de gros via son offre aux FAI.

2005-2008 – Vague de concentration


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En 2005, les grandes manœuvres commencent. Neuf Telecom, issu de la fusion de nombreux alternatifs (LD Com, 9 Telecom, Siris…), rachète Cegetel et consolide ainsi sa place de troisième fournisseur d’accès Internet haut débit en France, derrière Orange et Free.

Le nouvel ensemble compte près de 1,2 million d’abonnés haut débit à la fin 2005 (contre respectivement 4,5 millions pour Orange et 1,6 million pour Free). Neuf Cegetel est aussi le principal opérateur alternatif à France Télécom sur le marché de la téléphonie fixe commutée (RTC). En 2006, c’est AOL qui tombe dans son escarcelle pour 288 millions d’euros.

En 2007, Neuf s’empare de Club-Internet et de son million d’abonnés dont 570 000 clients ADSL pour près de 500 millions d’euros. Il se replace ainsi devant Free, qui compte 2,9 millions de clients ADSL à la fin 2007.

En 2008, SFR lance une OPA sur Neuf Cegetel, quelques mois après avoir mis la main sur les activités fixes de Tele 2 France. L’opération totale est estimée à 4,7 milliards d’euros et SFR devient alors le 2e FAI haut-débit français avec plus de 3,7 millions d’abonnés en décembre 2008 (contre près de 3,3 millions pour Free). SFR compte ainsi coupler son réseau mobile (18,1 millions de clients en mai 2008) aux activités fixes et ADSL.

Mais Free ne s’en laisse pas compter et annonce le rachat d’Alice la même année. Avec les 850 000 abonnés actifs d’Alice, Free revendique désormais près de 4 millions de clients ADSL et la deuxième place du marché, derrière Orange et ses 7,8 millions d’abonnés (pour une part de marché estimée à 25,5 %). L’objectif d’Iliad, la maison mère de Free, pour les années à venir est d’atteindre un total de 5 millions d’abonnés en 2011.

2006 – Plus de 10 millions d’abonnés !

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Le marché continue d’afficher un dynamisme soutenu avec 11 092 000 abonnés en France en juin 2006. Les accès ADSL comptent désormais pour 94,3% des accès haut débit en France. Orange, Neuf et Free étaient alors les principaux FAI avec près de 82% de part de marché.
En avril 2007, selon Médiamétrie, plus de la moitié des Français sont des internautes.

2006 – Wanadoo devient Orange

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En juin, Wanadoo, la filiale Internet de France Télécom, et Orange, la filiale de téléphonie mobile du même groupe, ne font plus qu’un. Wanadoo explique ce choix de nom car Orange est une marque plus forte et dont le nom est plus connu dans le monde.

2007 – 2009 – La fibre optique prépare son arrivée

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Dès 2007, la France commence à équiper son réseau de la fibre optique et peut désormais proposer le très haut débit : des offres de services d’accès à Internet avec un débit symétrique de 100 Mbit/s.

Un réseau à Pau a servi de premier test grandeur nature en France. Citéfibre et Erenis étaient parmi les premiers acteurs spécialistes de cette technologie, depuis intégrés dans les groupes Neuf et Free.

Orange, SFR et Free sont les trois opérateurs commerciaux qui déploient désormais du FTTH (fibre jusqu’à l’abonné) en France et Numéricâble déploie du FTTB (fibre jusqu’à l’immeuble).

Les déploiements FTTH patinent en raison de la guerre technologique que se livre les opérateurs. Courant 2009, l’ARCEP valide le principe d’une fibre par abonné dès que celle-ci est souhaitée par les clients, dans les zones denses. La possibilité est ainsi laissée à tout opérateur de demander à l’opérateur d’immeuble de disposer d’une fibre supplémentaire dédiée pour chaque logement. La solution de Free a été retenue au grand dam de France Télécom…

A la mi-2009, on compte environ 235 000 abonnés en France dont près de 200 000 en FTTB.

2009 – Première offre quadriplay

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Bouygues Telecom lance Idéo, première offre du marché à rassembler triple-play et téléphonie mobile pour un prix unique.

D’un côté, le triple-play qui reprend l’offre BBox de l’opérateur, à savoir, du haut débit, de la VoIP illimitée et de la TVIP. De l’autre, quatre forfaits mobiles au choix incluant en illimité les SMS, les mails, le Web et la TV en 3G+.

Evidemment, l’accent a été mis sur le prix. La première offre inclut 2 heures de communications et le triple-play pour 44,90 euros par mois (engagement de deux ans).

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