Publié par : Papy40 | 21/01/2011

Le ministre défie les tricheurs de l’e-commerce

 Source : Ouest France

vendredi 21 janvier 2011Frédéric Lefebvre. Secrétaire d'État chargé du Commerce.
Frédéric Lefebvre. Secrétaire d’État chargé du Commerce.

Frédéric Lefebvre, le secrétaire d’État chargé du Commerce, entend multiplier les contrôles contre les fraudeurs. Il présentera son plan à Morlaix aujourd’hui et s’en explique pour Ouest-France.

Entretien

Vous parlez de déloyauté et même d’escroquerie à propos du e-commerce. Qu’est-ce à dire ?

La répression des fraudes (DGCCRF) a contrôlé, en 2010, 8 400 sites Internet. Elle a procédé à à 11 000 contrôles. Et a constaté 1 500 manquements aux règles. Par exemple, des publicités trompeuses pendant la période des soldes : même prix qu’avant avec la mention soldes, tarifs plus chers que dans le commerce traditionnel. C’est aussi l’utilisation abusive des données personnelles sans le consentement de l’internaute. Mais ça peut être plus grave lorsqu’il s’agit de la sécurité des consommateurs. On l’a vu avec les tapis puzzle : avec Christine Lagarde, nous avons demandé à la DGCCRF d’être très vigilante à la suite de ma décision de suspendre leur commercialisation. Ou encore avec les voyagistes qui continuaient de proposer des séjours au Sahel, au mépris de la sécurité et malgré les avertissements du gouvernement.

Quelles mesures de régulation annoncez-vous aujourd’hui en Bretagne ?

Je propose un plan qui repose sur deux axes : renforcer la protection de l’information et la sécurité du consommateur, mieux protéger les professionnels. Je vais confier deux missions à la DGCCRF et à ses 70 cyber-enquêteurs en 2011. La première porte sur la lutte contre les faux avis de consommateurs. On crée artificiellement des avis louangeurs sur tel produit ou service mais, derrière, il n’y a aucune personne réelle les ayant utilisés. La seconde enquête est centrée sur les pratiques commerciales dans la réservation des hôtels en ligne, avec des présentations mensongères pour le consommateur et des pratiques restrictives de concurrence qui menacent les professionnels traditionnels.

Les professionnels semblent inquiets de votre approche ?

Je les ai associés. Je souhaite que la Fevad, qui regroupe les acteurs les plus importants du secteur, fasse des propositions. Je vais lancer la semaine prochaine une concertation avec les acteurs du commerce électronique, pour avancer sur le renforcement de l’information des consommateurs en ligne. Deux sujets me tiennent à cœur, l’information sur le droit de rétractation et les garanties légales de conformité, qui ne sont pas clairs. Et je souhaite faire aboutir le dossier de la protection du consommateur en cas de faillite du vendeur en ligne. Aujourd’hui, c’est parfois la double peine pour l’acheteur : non seulement il n’est pas livré, mais en plus le transporteur peut lui réclamer un paiement qu’il a déjà effectué.

Recueilli par Paul BUREL.

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