Publié par : Papy40 | 02/03/2011

Bing, le moteur de recherche de Microsoft en version finale en France

Source : ZDNet

par Christophe Auffray

 En bêta depuis juin 2009, Bing n’est en version finale en France que depuis le 1er mars. Pour se démarquer de Google, Microsoft mise sur des partenariats avec des acteurs des contenus et spécialisés comme Allocine et PagesJaunes. La route s’annonce longue pour Bing dont la part de marché est d’à peine plus de 3%.

Lancé en bêta en France le 3 juin 2009, le successeur de Live Search, Bing, arrive désormais en version finale. Gagner des parts de marché s’annonce comme une tâche difficile pour Microsoft.

Google reste incontestablement le moteur de référence en France avec une part de marché dans la recherche de plus de 90%. Bing, avec 3,4% est donc loin derrière, tout comme Yahoo désormais son partenaire (moins de 2%).

Actualité, recherches de proximité et thématiques : Microsoft parie sur des partenariats

Pour conquérir du terrain en France aux dépens de Google, Microsoft doit donc se démarquer. Afin d’y parvenir, l’éditeur américain mise sur des partenariats locaux, notamment avec PagesJaunes, Allocine, le GIE E-PRESSE qui regroupe différents journaux hexagonaux (Les Echos, Le Figaro, Le Parisien, L’Equipe…) et la BNF.

Concrètement, le partenariat avec PagesJaunes permet à Bing d’afficher sur ses résultats de recherche des données dites de proximité extraites des bases de la société française. Ainsi lorsqu’un internaute saisit une requête de type « restaurant paris », Bing propose d’obtenir, en plus de données cartographiques, des résultats fournis par PagesJaunes.

Dans le domaine de l’actualité, Microsoft a signé un accord (actif d’ici quelques semaines) avec un groupement de titres français de presse. Ce partenariat « prévoit une indexation qualitative des contenus édités par le GIE E-PRESSE sur Bing, lui donnant ainsi accès à plus de 28 millions d’utilisateurs du réseau MSN-Windows Live, tout en partageant la valeur liée à la monétisation de cette audience. »

L’éditeur n’indique toutefois pas comment seront réparties les recettes publicitaires générées grâce à ces contenus. Ce n’est sans doute pas un hasard si Microsoft explore ici un domaine source de tensions entre la presse et Google.

Monétisation des contenus et confidentialité, Bing veut se démarquer de Google

En 2010, afin de concurrencer Google News, le Syndicat de la presse quotidienne nationale annonçait la création d’un moteur de recherche de référence sur l’actualité associée à une offre de bouquets payants multi-marques de presse. Une association technologique avec Orange et Microsoft était d’ailleurs évoquée.

Toutefois, Google a procédé à plusieurs ajustements en réponse aux critiques des groupes de presse. En outre, en tant que vecteur de trafic (15 à 20% du trafic des grands journaux en ligne), Google ne peut être ignoré par ces acteurs. Pas sûr donc qu’un partenariat signé par Microsoft suffise à ébranler son concurrent.

Mais la stratégie de Microsoft pour Bing semble bien de tenter de s’engouffrer dans les faiblesses de son rival. « Microsoft a l’ambition de rebattre les cartes de la recherche sur Internet en France […] dans le respect des ayants droit et de la vie privée des internautes » indique ainsi l’éditeur dans un communiqué.

Le partage de la valeur avec les ayants droit et la confidentialité des données sont deux thèmes concernant lesquels Google fait régulièrement l’objet de critiques. Sur le deuxième, Microsoft se félicite d’ailleurs d’être le « seul acteur qui supprime les données personnelles de l’utilisateur au bout de 6 mois. »

Cette assertion reste cependant à confirmer. En mai dernier, les trois moteurs américains, dont Bing, étaient épinglés par le groupe de travail européen Article 29. Etait dénoncé la non-conformité de ces sociétés avec la règlementation européenne.

Bing largement déficitaire devra encore creuser ses pertes pour ébranler Google

Ainsi si Microsoft supprime bien les adresses IP des visiteurs après un délai de 6 mois (qui est une obligation et moins une décision de l’éditeur), il n’en va pas de même des cookies. Dans ce domaine, Google est cependant le plus mauvais élève (9 mois pour les logs et 18 mois pour les cookies).

En misant sur des partenariats privilégiés, Microsoft peut-il espérer conquérir des parts de marché ? Cette ambition tient presque de la gageur. Sur l’actualité, Google dispose du service Google News. Il affiche également dans ses résultats de recherche un bloc actualités en lien avec la requête de l’internaute.

Et avec 90% de part de marché, Google est un plus grand levier d’audience que Microsoft et Bing. Sur les recherches locales, Google propose également des résultats de proximité pertinents, sans l’appui de PageJaunes.

Sur des sujets thématiques comme le cinéma, Allocine, partenaire de Bing, n’en néglige pas pour autant son référencement dans Google, vraisemblablement une de ses premières sources de trafic. Difficile compte tenu du poids de Google dans la recherche d’espérer pour Microsoft obtenir des exclusivités.

D’ailleurs, la prévision de l’analyste Vincent Letang (IHS Screen Digest) cité par l’AFP, est lapidaire. « Microsoft n’arrivera pas à détrôner Google […] mais avec des investissements promotionnels gigantesques, ils ont peut-être les moyens de se tailler une part de marché de 5% à 10% en quelques années »

En ajoutant la part de marché de Yahoo, Bing détient pour le moment un peu moins de 5% de parts de marché dans la recherche en ligne. Grimper au-delà des 5% est une ambition raisonnable, mais aussi nécessaire pour générer des recettes publicitaires et ainsi compenser les pertes enregistrées par sa division services en ligne (plus d’un milliard de dollars de déficit sur les 6 derniers mois).

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