Publié par : Papy40 | 28/03/2012

Roaming : l’Europe impose de nouveaux plafonds aux opérateurs

Source : ZDNet

RèglementationPasser un appel ou envoyer un SMS depuis l’étranger reste toujours un luxe. Il sera un peu plus abordable à partir de juillet prochain.

Comme prévu, la Commission européenne s’attaque une fois encore au racket organisé qu’est le roaming en Europe. Ce n’est pas un scoop : téléphoner depuis l’étranger (voire pire, oser surfer sur Internet) reste une activité de riche. Malgré les baisses imposées aux opérateurs.

D’ailleurs, de plus en plus de mobinautes éteignent tout simplement leurs terminaux à l’étranger. Quant aux salariés nomades, ils doivent pour ne pas voir leurs factures exploser, souscrire à des forfaits internationaux ou changer de carte SIM sur place (et donc de numéro).

"Les consommateurs en ont assez de se faire voler à cause des tarifs du roaming", tonne Neelie Kroes, vice-président de l’agenda numérique à la Commission. Cette dernière et le Parlement européen sont ainsi parvenus ce mercredi à un accord de principe sur une réforme des tarifs pratiqués.

"Cet accord met en place une solution à long terme avec des prix plus bas, notamment pour l’Internet mobile", poursuit la vice-présidente. Le texte devrait être approuvé par le Parlement en mai et entrer en vigueur en juillet.

Des forfaits à l’étranger sans changer de numéro

Dès juillet, les frais applicables aux appels émis en itinérance au sein de l’UE ne pourront dépasser 29 cents par minute, tandis que les appels reçus hors du pays d’origine seront facturés au maximum 8 cents par minute.

Aujourd’hui, ces tarifs sont respectivement de 35 cents HT et de 11 cents HT.
Les SMS émis en itinérance ne pourront être facturés plus de 9 cents (contre 13 cents aujourd’hui) et l’accès à Internet 70 cents par méga-octet (contre 80 cents).
D’ici à 2014, ces plafonds tarifaires devraient être abaissés d’encore un tiers environ, tandis que les tarifs d’accès à Internet tomberont à 20 cents par méga-octet.

Mais Bruxelles veut aller encore plus loin. Outre des baisses en 2012 et 2013, l’objectif est bien de faire disparaitre toute forme de roaming dans quelques années. On le sait, cette question commence sérieusement à s’agacer les autorités européennes compte tenu de la mauvaise volonté des opérateurs.

Car si Bruxelles a imposé plusieurs baisses des tarifs de gros, les prix de détail (hors forfaits spécifiques) ont de leur côté assez peu bougé, pour le grand malheur des utilisateurs nomades.

Nellie Kroes, commissaire en charge de ces questions a donc décidé d’en remettre une couche. En mai dernier, la commissaire annonçait la couleur à travers une consultation. "La différence de tarifs entre les appels depuis l’étranger et ceux depuis son propre pays devrait tendre vers zéro", tonnait-elle.

En attendant, la réforme vise également à favoriser la concurrence en permettant aux consommateurs de choisir un nouveau fournisseur mobile quand ils changent de pays.
Les consommateurs européens pourront acheter séparément des forfaits spécifiques pour leurs communications dans un pays de l’Union européenne, auprès de l’opérateur de leur choix et sans avoir à changer de numéro.

Sur demande auprès de leur opérateurs, les abonnés recevront une nouvelle carte SIM pour téléphoner à la fois dans le pays d’origine et à l’étranger. Bruxelles propose également que les opérateurs mobiles puissent utiliser à l’étranger les réseaux de leurs concurrents à des prix négociés et dégressifs

Si les consommateurs peuvent saluer ces décisions, les opérateurs au contraire vont grincer des dents. La baisse du roaming risque de peser sur leurs recettes déjà sous pression à cause de la concurrence, des taxes et de la manne de la data qui leur échappe au profit des géants du Web.

Rappelons que le marché de l’itinérance représentait environ 5 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2009, selon Bruxelles.

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